Lors de colloques, de réunions ou de discussions, il n’y en a que pour lui : le « design thinking » ! Petit effet de style dans une phrase ou vrai concept ? Ce dossier en 3 parties vous dira tout ce qu’il faut savoir sur le design thinking, de son origine à son application.

Partie 1 | C’est quoi le design thinking ?

Le design thinking, c’est se mettre dans la peau d’un designer pour résoudre un problème. Il s’agit d’utiliser sa méthodologie, ses outils pour trouver des solutions à une question posée, et ce, quel que soit le sujet. Cela permet de trouver une solution innovante pour se lancer sur le marché, mais pas uniquement. Le design thinking, c’est se recentrer sur l’humain, remettre l’expérience utilisateur au cœur de la réflexion, et se concentrer sur l’expérience vécue pour faire la proposition la plus pertinente possible.

Le design thinking est un processus de co-créativité qui inclut l’utilisateur final dans la réflexion.

Un concept né dans les années 80

Le design thinking n’est en fait pas nouveau. Le concept a été développé à l’Université de Stanford dans les années 80 par Rolf Faste. Il s’est inspiré des travaux de Robert McKim traitant du brainstorming, présent en entreprise depuis les années 50. Le design thinking a surtout été popularisée en 1999 par l’agence américaine Idéo. En utilisant le design thinking, Idéo a pu concevoir un nouveau caddie de supermarché en seulement 4 jours (et oui, 4 jours !). En se concentrant sur des problématiques d’utilisateurs telles que la maniabilité, le comportement d’achat ou encore la sécurité pour les enfants, l’agence a su concilier l’expérience utilisateur et la contrainte fabriquant en ajoutant à sa réflexion le sujet du coût de maintenance.

Pour Tim Brouw, directeur général d’Idéo, « le design thinking est une discipline utilisant la méthodologie et la sensibilité du designer pour accorder les besoins des clients avec ce qui est technologiquement faisable et financièrement viable dans une logique de création de valeur client et d’opportunité de marché. »

Cet évènement a marqué la naissance du phénomène. Dans les années 2000, on a assisté à la multiplication des publications sur le sujet. Des colloques et des cours sur le design thinking ont été animés dans les plus grandes universités du monde.

On dit au revoir à la technologie et bonjour à l’expérience !

Bien plus qu’un simple concept, le design thinking est un état d’esprit. C’est sans doute pour cela que la traduction française est composée des deux expressions “Pensée Design” et “Esprit Design”. Et si aujourd’hui le design thinking reste la star des conversations branchées, c’est surtout grâce à sa pertinence.  En effet, la sortie d’un nouveau produit ou l’utilisation d’une technologie n’est plus une fin en soi : La perception et l’utilisation des produits par le client final sont entrés dans le jeu. Quoi de plus pertinent que de prendre l’avis du terrain pour résoudre un problème ? Cela limite les ratés lors de lancement de nouveaux produits ou services et on colle mieux aux attentes des utilisateurs.

Repenser le marketing grâce au design thinking

L’influence du design thinking est à l’origine d’autres changements dans les entreprises, par exemple en marketing. En effet cette économie de l’expérience peut conduire à repenser sa manière de communiquer. On ne s’attache plus, dans un argumentaire de vente ou dans des supports publicitaires, à vanter la valeur d’un produit, ses composantes techniques ou technologiques. On se concentre beaucoup plus sur l’intérêt qu’il peut susciter par son utilisation. C’est l’inbound marketing ! Marquer les esprits, faire vivre une expérience nouvelle, voilà ce qui est maintenant recherché.

Prochain épisode : Le design thinking, comment s’y prendre ?